Les enjeux financiers ne sont pas mineurs car il s’agit d’envisager un nouveau mode de développement et de consommation. Enfin, les Etats riches doivent aider les pays en développement par des aides financières et de transfert de technologies. Voilà l’enjeu !

Communistes : Le capitalisme est-il éco-compatible ?

Hervé Bramy : Non, on le constate chaque jour ! Le capitalisme repeint tout en vert mais il est incapable de s’attaquer aux inégalités sociales, culturelles et environnementales auxquelles sont confrontées les populations. Pour lui il s’agit de tout changer sans rien changer afin que les riches conservent leurs privilèges. La révolution verte du capitalisme est une tentative de sortir de la crise qu’il a lui-même produite.

Communistes : Quelle est la position du PCF face à cet enjeu ?

Hervé Bramy : Pour les communistes, la mobilisation pour l’environnement n’est pas la cerise sur le gâteau du combat social : elle se situe au coeur de l’urgence sociale. Nous refusons par ailleurs l’approche irréaliste et rétrograde des faux prophètes de la décroissance, car pauvreté et atteintes environnementales vont de pair. Le capitalisme est incapable de résoudre la crise écologique pour une raison fondamentale. Le maintien, voire le développement des écosystèmes qui ont besoin de temps longs - sont incompatibles avec la recherche maximum et à court terme du profit.

Communistes : Comment agir sur le terrain politique contre le réchauffement climatique ?

Hervé Bramy : Il s’agit tout à la fois de peser sur les négociations en cours et d’apporter notre contribution sur les contenus des rassemblements à gauche pour être efficace et sans démagogie sur le contenu même d’une politique alternative au capitalisme. De même, les propositions écologiques des communistes doivent nourrir les luttes. Enfin, les propositions environnementales que nous avions formulées lors du plan de relance constituent une bonne base. Notre ambition dans le cadre de l’atelier c’est de les enrichir avec toute la gauche et le mouvement social.

Communistes : Justement, quel est le programme de cet atelier ?

Hervé Bramy : La soirée est organisée en deux séquences. Un premier débat porte sur : Quelle politique énergétique pour répondre aux besoins de l’humanité ? Les énergies fossiles responsables des émissions de gaz à effet de serre doivent être remplacées. Quelles sources d’énergie alternatives et quels modes de consommation promouvoir ? Au-delà du pour ou du contre : Peut-on parler du nucléaire à gauche ? Quelle énergie pour quelle croissance ? Second débat : Quelle intervention de la gauche au sommet de Copenhague et ses suites ? Si on a pu sauver les banques, pourquoi ne pas sauver la planète ? Identifions les responsabilités. Tout le monde n’est pas à égalité. Quelles propositions pour les pays émergents et pour ceux qui dépendent des seules énergies fossiles ? La question centrale du financement. La gauche française et européenne peut-elle parler d’une seule voix à Copenhague ?

Voilà le programme.

Propos recueillis par Gérard Streiff