La direction du groupe PSA a annoncé cet été un plan social supprimant 8000 emplois et la fermeture de sites. L’usine d’Aulnay-sous-Bois fermerait en 2014. Cette fermeture serait une catastrophe industrielle, humaine et sociale pour la Seine-Saint-Denis. Avec 3.000 salariés en CDI et plus de 300 intérimaires, l’usine d’Aulnay est le premier employeur industriel du département. La fermeture du site s’accompagnerait de la perte supplémentaire de 7 000 emplois induits parmi les entreprises de sous-traitance et de maintenance. Environ 150 Blanc-Mesnilois travaillent sur ce site ou occupent un emploi dépendant de son activité.

Pourtant, en 2011, PSA déclarait 588 millions de bénéfices nets et un chiffre d’affaires record de 60 milliards d’euros (+ 7 %). 457 millions ont été dépensés en rachats d’actions PSA et en dividendes versés aux actionnaires en 2011.

Les 3 milliards de prêts avantageux accordés avec l’aide de l’Etat, en 2009, à chacun des constructeurs PSA et Renault pour surmonter la crise, n’auront eu pour effet que de maintenir un haut niveau de rentabilité financière pour les actionnaires.

Dans ces conditions, il apparaît clairement que ce plan de licenciements est motivé par la volonté du groupe d’utiliser le contexte de crise pour réduire les effectifs et maintenir ainsi un haut niveau de profit et de rémunération des actionnaires. Pour augmenter les profits, PSA veut concentrer la production dans quatre usines au lieu de cinq.

L’urgence est d’être solidaires des salariés et de leurs familles, de refuser la fermeture du site et les licenciements directs et indirects qu’elle engendrerait inévitablement.

Le gouvernement doit s’opposer à cette décision de la direction de PSA qui renvoie à une stratégie financière qu’il affirme combattre. La lutte contre le chômage se concrétise, entre autres mesures, par le refus catégorique de la fermeture du site industriel d’Aulnay et l’exigence d’une répartition équilibrée de la charge de production entre les cinq sites existants.

Les pouvoirs publics ont aidé massivement le secteur automobile. « Au total, si on ajoute le bonus-malus et la prime à la casse, ce sont près de 8 milliards d'euros d'argent public dont PSA a pu profiter ces dernières années », assure-t-on auprès de M. Montebourg. Il est donc légitime que l'Etat ait son mot à dire sur la stratégie du groupe." comme l’indiquait Le Monde dans son édition du 13 juillet 2012.

Quels que soient les secteurs économiques, les aides doivent être conditionnées au maintien et au développement de l’emploi. Il est aussi de la responsabilité du gouvernement d’élaborer, favoriser, et accompagner le développement de stratégies économiques de long terme autour de filières industrielles socialement et écologiquement responsables. La logique du profit financier se paie aujourd’hui encore en milliers de licenciements et ne se préoccupe en rien des impacts environnementaux pourvu que la rentabilité soit au rendez-vous.

Par ailleurs, la situation dans laquelle se retrouvent les salariés de l’entreprise ROTOS 93 est inacceptable. Les 24 salariés de cette imprimerie, implantée depuis de longues années au Blanc-Mesnil, ont été mis devant le fait accompli de la cessation d’activité et sont aujourd’hui totalement méprisés par leur direction. Il est inadmissible de voir un chef d’entreprise prospérer sur le dos de ses salariés pendant des années et décider du jour au lendemain de la fermeture de sa société sans même avoir pris la peine d’établir un véritable dialogue social avec ses employés.


__Aussi, le Conseil municipal du Blanc-Mesnil :

Soucieux du respect des engagements pris devant les Français durant les campagnes électorales de la Présidentielle et des Législatives du printemps dernier ;

Rappelant les propos du Président de la République le 14 juillet dernier, indiquant juger « inacceptable » le plan social annoncé par le groupe PSA et précisant « l’Etat ne laissera pas faire » ;

- demande au gouvernement d’agir par la loi pour interdire les licenciements dans des entreprises qui ont distribué, l’année précédente, des dividendes à leurs actionnaires, comme c’est le cas de PSA, et pour que de nouveaux pouvoirs soient reconnus aux salariés dans l’entreprise : avis des représentants du personnel pour les décisions stratégiques et droit de véto suspensif des élus du personnel en cas de fermeture ou délocalisation avec obligation d'examiner les propositions des salariés.

- soutient les actions et mobilisations engagées par les organisations syndicales du groupe PSA et les salariés de l’entreprise ROTOS 93, qui, en luttant pour l’emploi, agissent également dans l’intérêt de l’activité économique du territoire et de la population du département.

- approuve la demande des organisations syndicales d’un moratoire sur tous les plans de restructuration de la filière et une expertise approfondie sur les stratégies de PSA et Renault

- encourage le gouvernement à accélérer la nécessaire transition écologique des industries responsables du réchauffement climatique en maintenant et développant l’emploi et des activités au service des besoins du plus grand nombre.

- demande à Monsieur le Préfet de prendre toutes les initiatives nécessaires pour préserver les intérêts des salariés de l’entreprise ROTOS 93.__