Hollande et le gouvernement Ayrault cèdent à la finance, au mépris de la vie de millions de familles !Le Gouvernement vient donc d’annoncer que le "coup de pouce au SMIC" s’inscrirait dans la droite ligne des politiques d’austérité promises par le Traité européen Sarkozy-Merkel. Avec 2 % de revalorisation (soit une "coup de pouce" d’environ 0,4%), le Gouvernement Ayrault accorde aux plus de 4 millions de salariés concernés... une baguette de pain supplémentaire par semaine !

Cette décision est évidemment insupportable pour les millions de familles qui espéraient de François Hollande un véritable changement dans notre pays. Face à la crise et aux politiques d’austérité, en réponse aux attentes populaires pour une amélioration concrète des conditions de vie, le gouvernement avait, avec une vraie hausse du salaire minimum, la possibilité d’agir efficacement dans trois directions. • La première porte sur la question salariale. Elle est au cœur, depuis le 6 mai, du changement attendu en terme de justice sociale. • La seconde s’inscrit dans l’indispensable rupture avec l’austérité qui nourrit la crise à l’échelle européenne en brisant la croissance que le Président de la république appelle pourtant de ses vœux. • La troisième s’inscrit dans la nécessite d’en finir avec les dogmes néo-libéraux qui font du « coût du travail » la cause des déficits commerciaux de la France.

En réalité, ce sont les « coûts en capital » qui minent l’efficacité productive : en 2010, les charges d’intérêts payés aux banques et les dividendes versées aux actionnaires par les sociétés ont atteint 318 milliards d’euros alors que les cotisations sociales ne représentaient que 145 milliards d’euros. Conjugués à la relance de la consommation et de l’activité, ainsi qu’à la hausse des cotisations sociales qu’elle engendrerait, ces chiffres rendent totalement crédible la proposition du PCF d’une augmentation du Smic brut à 1?700 euros (soit un effort salarial compris entre 60 et 81 milliards d’euros par an, qui peuvent aussi être rapprochés des 63 milliards d’euros de capitaux exportés par les entreprises en 2010). Les calculs les plus savants ne feront en rien disparaître une réalité : le salaire minimum est une grande conquête sociale qui, après 5 années de sarkozysme, méritait bien autre chose que ce 2% qui apparaît aujourd’hui comme un renoncement.

Cette concession faite par Ayrault et Hollande au MEDEF et aux marchés financiers intervient pourtant au moment où l’INSEE annonce un recul du pouvoir d’achat des ménages en 2012, d’un ampleur jamais vue depuis 1984 (-1,2 %) !

Pour les communistes, l’intervention consciente des salariés et du peuple dans son ensemble demeure plus que jamais décisive pour battre en brèche les politiques d’austérité conduites en France et en Europe et pour contraindre le gouvernement socialiste à mettre en œuvre le changement promis aux Français. C’est non seulement nécessaire pour changer réellement le quotidien de millions de familles, mais également pour sortir la France de la crise que l’austérité aggrave jour après jour.