COMPETITIVITE_BRAMY.jpgCroient-ils parvenir à faire pleurer dans les chaumières ? Mieux qu’une armée de bulldozer, après le mouvement des entrepreneurs « GEONPI », voyageurs de start-up en start-up, le MEDEF a lancé ses troupes d’élites à l’assaut de la forteresse Sécurité sociale. Les PDG des 98 plus grosses sociétés françaises, parmi lesquelles Air France, Arcelor Mittal et Sanofi présentes en Seine-Saint-Denis, exigent une baisse des cotisations de Sécurité sociale, ce qu’ils nomment indûment le coût du travail, au nom de la défense de la sacro-sainte compétitivité. Les communistes ne s’apitoieront pas sur le sort de ces croisés des temps modernes.

Ces patrons ne veulent en rien relancer l’emploi. La « transformation en profondeur de la France » qu’ils invoquent, consiste en une appropriation privée, pour leurs actionnaires, des ressources de la collectivité. La preuve, ces entrepreneurs, sans scrupules, réclament une baisse de 30 milliards d’euros sur les cotisations sociales dont l’intégralité pèserait sur le reste de la population française, que cela soit par une hausse de la TVA, ou par une remise en cause des missions de service public de l’Etat. Pourtant, selon le rapport officiel de 2009 du conseil des prélèvements obligatoires, les entreprises françaises bénéficient chaque année de 172 milliards d’euros de niches fiscales et sociales. Ce sont ces exonérations fiscales et sociales qui grèvent chaque année le budget de la France et créent du déficit public. Mais trop, n’est jamais suffisant pour les vautours de la finance. Les parlementaires communistes ne cessent de combattre et dénoncer ces exonérations indues, sans qu’ils ne soient suivis.

Ce coup de com’ et le pilonnage médiatique sur la question du coût du travail ne doit pas faire oublier le principal élément grevant le budget des entreprises françaises, c’est l’augmentation du coût du capital. En 2011, les entreprises du CAC 40, principales signataires de cet appel, ont cumulé 74 milliards d’euros de bénéfices et en ont dilapidé la moitié en versant des dividendes à leurs actionnaires. Ces 37 milliards d’euros perdus sont autant d’argent en moins pour améliorer l’outil industriel ou rechercher de nouveaux produits et renforcer l’attractivité des productions de ces entreprises.

L’apothéose de l’indécence est atteinte lorsque ces patrons se déclarent « profondément attachés à la France ». Comment des entreprises comme Arcelor Mittal ou Sanofi, qui licencient en ce moment à tour de bras et délocalisent leurs productions, alors qu’elles affichent des bénéfices records, osent-elles clamer de tels propos ? Le cynisme n’a pas de limites.

Qui sont les pigeons ? Les communistes appellent la population française à ne pas se laisser plumer et intoxiquer par les arguments fallacieux de ces grands patrons.

Hervé Bramy, Premier Secrétaire du PCF 93, Adjoint au Maire, Conseiller général du Blanc-Mesnil