M. Sarkozy pourrait à juste raison s’enorgueillir d’être le Robin des bois des riches car toute sa politique fiscale consiste à faire les poches aux classes populaires et moyennes pour donner aux plus riches. C’est vrai pour les particuliers avec le bouclier fiscal. C’est vrai pour les entreprises avec, entres autres, la suppression de la taxe professionnelle. L’usine à gaz censée la remplacer réussit même le miracle de favoriser le département des Hauts-de-Seine par rapport à la Seine-Saint-Denis, Le Raincy et Villemomble par rapport au Blanc-Mesnil et à La Courneuve.

C’est vrai pour les collectivités locales sur lesquelles l’Etat pratique à la fois le « hold up » fiscal et le transfert de charges. De plus en plus notre fiscalité repose sur les seules épaules des ménages salariés ou retraités. Les revenus financiers échappent de plus en plus à l’impôt. C’est une cause et facteur aggravant de la crise. Les entreprises bénéficient d’exonérations d’impôt, de cotisations sociales, d’aides financières sans aucune contrepartie en termes d’emplois, ce qui les amène à exporter leurs capitaux pour mieux délocaliser et externaliser leurs activités.

Aujourd'hui, on crie au déficit public, on pratique une réduction générale des politiques publiques, la RGPP, on va tailler dans les dépenses sociales, sportives et culturelles et on veut imposer aux collectivités le même lit de Procuste alors qu’elles ne peuvent même pas comme l’Etat avoir recours au déficit. Ce déficit ne vient-il pas justement de la politique fiscale pratiquée depuis 30 ans et aggravée jusqu’à la caricature par l’actuel gouvernement ? Ne vient-il pas non plus du fait que l’Etat et les collectivités locales empruntent en moyenne à un taux de 3,45% sur les marchés financiers alors que les Banques qui animent ces mêmes marchés se refinancent auprès des banques centrales à des taux entre 1% et 0,5% ? Malheureusement en cela notre président et notre gouvernement ne font pas preuve d’originalité. Ils s’inscrivent dans la politique de concurrence fiscale impulsée par l’Union européenne.

C’est pourquoi, Monsieur le Maire, vous avez raison ; il faut dans notre pays une révolution fiscale, une nouvelle « nuit du 4 août » qui frappe les revenus financiers. Sinon, dans quelques années, il deviendra impossible à une commune d’établir un budget. C’est une question politique. Nous comptons, comme groupe des élus communistes en liaison avec nos collègues des autres communes, mais aussi nos partenaires politiques, prendre toutes les initiatives possibles pour que le mouvement populaire en faveur de cette révolution fiscale grandisse dans notre pays et en Europe. Comme le disait Keynes, en période de crise l’Etat doit avoir le courage de pratiquer « l’euthanasie fiscale des rentiers ».

Malgré ce contexte fiscal extrêmement difficile où l’Etat ne tient pas, une fois de plus, ses engagements – l’inflation n’a pas été réellement prise en compte dans la compensation de la Taxe professionnelle –, notre commune n’augmentera pas les impôts. Le budget qui nous est soumis respecte les engagements électoraux de la majorité municipale. Il met l’accent, à juste titre, en matière de fonctionnement comme d’investissement, sur le social, l’école, la petite enfance, la jeunesse, le sport, la vie associative, la solidarité internationale, la santé, le logement, la culture. Il contribue même à palier le désengagement de l’Etat dans ses fonctions régaliennes d’assurer la sûreté des citoyens.

C’est un budget qui a aussi le souci de l’information de nos concitoyens et de leur implication dans la vie démocratique de notre commune. C’est aussi un budget anti-crise tourné vers l’avenir qui favorise la solidarité, qui aide à recoudre le lien social et le vivre ensemble. Notre groupe approuve en particulier le soutien à la bourse du travail qui est un outil de protections et d’aides fort utile aux salariés dans cette période de crise. Notre budget stimule le développement économique avec la boutique du commerce, la maison de l’emploi, mais aussi toute notre action pour la réalisation de la galerie des ailes et le futur lycée des métiers de l’aérien.

C’est pour toutes ces raisons que notre groupe votera le Budget.

Monsieur le Maire, vous avez parlé du grand Paris et d’intercommunalité.

Notre groupe croit en effet comme vous qu’il est salutaire de réfléchir « métropole », « solidarité territoriale » et d’agir pour remettre l’humain au cœur du développement de l’agglomération parisienne. C'est-à-dire tout le contraire de politiques de concurrences sauvages et de ségrégations sociales. Un projet de « Grand Paris » comme un projet d’intercommunalité n’a de sens que s’il est pensé, débattu et construit avec tous les habitants de l’Ile de France, et en particulier les banlieusards. Les Franciliens, les Blanc-Mesnilois, ne peuvent pas être des petits soldats que l’on déplace sur une carte pour le bon plaisir de quelques technocrates, financiers et spéculateurs. On ne peut réfléchir métropole parisienne, intercommunalité sans penser emplois, transports, équipements sociaux, culturels, médicaux et scolaires. Les Blanc-Mesnilois entendent maîtriser leur destin, et nous sommes persuadés que votre démarche de démocratie participative leur en donnera les moyens.

Le Blanc-Mesnil

Le 25 mars 2009